Bonjour,
Le sujet est effectivement vaste, et ressemble beaucoup à la gestion des noms qui évoluent dans le temps.
Pour ma part (comme Zurga), je privilégie la nomenclature actuelle pour éviter que la base ne devienne ingérable, tout en conservant les formes anciennes en “notes” (dans un champ “lieu historique”, “remarques”...).
1)
Règle simple que j’appliqueLieu saisi = nom et découpage administratifs actuels (ce que l’on trouve sur une carte d’aujourd’hui,
j'utilise geonames.org qui est sur Ancestris et j'ai créé un compte).
Dans la note, j’ajoute :
l’ancienne forme du nom (ou les formes dans d’autres langues),
et/ou l’ancienne appartenance administrative (département, province, etc.),
et, si possible, la date/période.
Ça permet d’avoir une base cohérente, tout en restant fidèle aux sources.
2)
Exemple France : départements et découpagesEn France, c’est inévitable : à la Révolution, la France est divisée en 83 départements (1790).
Depuis, il y a eu des créations, suppressions, fusions et redécoupages (ex. Seine, Seine-et-Oise, puis création des départements de la petite couronne en 1968, etc.).
Donc on rencontre forcément des actes où “ça ne colle pas” si on compare directement avec la carte actuelle.
3)
Exemple Luxembourg : frontières et languesLe Luxembourg est un bon cas d’école : entre la période révolutionnaire/napoléonienne, le Congrès de Vienne et les traités du XIXᵉ siècle, le territoire et les administrations ont beaucoup changé.
Par exemple, la division de 1839 (traité de Londres) fixe une grande partie des limites modernes.
Ici aussi, garder le lieu actuel + préciser dans la note “ancien duché / ancienne entité / période” évite de multiplier des lieux quasi identiques.
4)
Exemple Finlande : un “mille-feuille” de lieux (et de langues) et qui peut se rapprocher de votre problème avec l'URSSJ’ai une branche finlandaise, et là… bonjour la galère.
Pour simplifier, on peut rencontrer, selon les sources, des niveaux de lieux qui ne se superposent pas parfaitement :
Ferme / maison (talo) → parfois le “nom d’usage” principal d'une personne,
domaine / ensemble de fermes,
village (souvent proche de nos lieux-dits),
paroisse (très présente dans les registres),
région / province, etc.
Et en parallèle, certains registres fiscaux ou cadastraux suivent une logique qui ne correspond pas exactement à la logique paroissiale.
Exemple typique : une personne peut être rattachée à la ferme Kolhi, dans le domaine Vanhakartano, au village Kallela, paroisse Kalanti — ce qui peut s’écrire en finnois sous une forme condensée du type : Kalannin Kallelan Vanhakartano Kolhin.
Et comme si ce n’était pas assez :
Kalanti a été officiellement nommé Uusikirkko Tl entre 1915 et 1936, et son nom suédois est Nyakyrka.
Kalanti a ensuite été rattachée (fusionnée) à Uusikaupunki en 1993.
Et historiquement, la documentation peut être en finnois et/ou en suédois (le suédois a longtemps dominé dans l’administration, et le finnois a gagné un statut administratif à partir du XIXᵉ siècle.)
Dans ma base, je mets donc par exemple :
Kallela, Kalanti, Finlande
et en note : Ferme de Kolhi, Domaine de Vanhakartano, village de Kallela, paroisse de Kalanti (anciennement Uusikirkko Tl (1915–1936), suédois Nyakyrka ; fusionnée à Uusikaupunki en 1993).
5)
(En bonus) Les noms de personnes finlandaises : encore une couche
Sans m’étendre, on a aussi le cas où une même personne peut apparaître avec :
un patronyme (finnois -poika / -tytär ; suédois -son / -dotter),
un nom de ferme (lieu de naissance ou de résidence, qui peut changer),
un nom particulier si soldat (souvent en suédois),
la grande vague de fennicisation (beaucoup de noms suédois “finlandisés”) autour de 1906–1907,
et la normalisation/obligation du nom de famille par la loi nationale, au début des années 1920 (souvent donné comme entrée en vigueur en 1921).
Voilà, excusez moi pour ce texte long

mais comme je suis souvent exposé au problème j'ai trouvé sympa de traiter le sujet par des exemples concrets pour un partage d'expérience.
Eric